Radio France Rechercher Ok Contact Aide
SVI RF : 3230

jeudi 2 septembre > 
 


 
 
 

Des BD et l'amour ...



Clumsy :


Un américain d'abord, trentenaire, Jeffrey Brown. Il décrit dans Clumsy, comprenez "maladroit", une relation amoureuse. Le problème de ses personnages; Jeffrey et Theresa, c'est que lui vit à Michigan, et elle en Floride. Pas facile de s'aimer à distance. Pas facile de profiter pleinement des moments où entre les coups de fil, les aéroports, les balades, on se retrouve. Jeffrey et Teresa passent du temps chez l'un ou l'autre, font l'amour, se baladent, et Brown traque ces petits moments de bonheur simples et banals, le bien être de la complicité amoureuse ou les doutes et les malaises indicibles. Le dessin est sobre, pas très beau, on pourrait croire le dessin d'un enfant de CM2. C'est un trait noir et blanc, presque naïf alors que le récit ne l'est pas. Mais c'est un vrai roman d'amour au crayon, dans la tradition du roman graphique américain que les grands, Chris Ware, Daniel Clownes chérissent.

Fraise et chocolat.

Si Brown s'attache à la palette des couleurs du sentiment amoureux, Aurélia Arita elle dessinne le plaisir des sens. L'héroine tombe amoureuse, et Aurélia Aurita fait preuve d'un culot monstre et d'une liberté par rapports aux choses de l'amour. Ce n'est pas une bd cochonne, elle est crue, mais terriblement raffraichissante et même joyeuse. La jeune dessinatrice raconte les premières semaines d'une histoire d'amour avec un homme plus âgé qu'elle, auteur de bd . Et l'on assiste à leurs ébats, leurs échanges, leurs confidences, et aux questions que se pose la jeune femme. Il y a la découverte de l'autre, la découverte du corps de l'autre et du plaisir qu'il procure. Ce n'est en aucun cas du sexe pour le sexe, il est question d'amour, avec une jeune fille belle comme un coeur, au visage doux comme celui de Candy, célèbre dessin animé japonais. L'éditeur indique qu'Aurélia Aurita aime Reiser et Anaïs Nin. Peut-être, mais elle a vraiment déja, à 26 ans, son propre style.

Les petits ruisseaux

On revient là à la bd en couleur, plus classique, peut-être, mais le sujet ne l'est pas. Rabaté traduit le manque, le manque quand on est veuf et retraité du corps d'une femme. Sujet délicat et même tabou, la sexualité du troisième âge que Rabaté aborde franchement, mais avec beaucoup d'affection et de respect pour ses personnages. Un homme principalement, timide, va retrouver l'envie d'aimer. Et passer à l'acte. Il y a une pudeur émouvante dans le dessin et le récit et surtout Rabaté trouve le langage d'un vieux campagnard, il recrée les ambiances de bistrot, évoque la solitude terrible du veuf rompue entre autres par l'arrivée dans sa vie d'une femme puis d'une bande de hippies sans tabou qui vont l'aider à croire en lui. Très belles couleurs, très belle lumière, on pourrait rejeter a priori le sujet, on aurait tort. C'est une oeuvre magnifique sur l'âge, une oeuvre tendre et optimiste. Vous voyez ainsi toutes les ressources de la bd quand il s'agit dévoquer l'intime. Elle ne tombe ni dans la pornographie, ni dans la pédagogie.

Clumsy de l'américain Jeffrey Brown, éditions égo comme X
Fraise et chocolat, d'aurélia aurita , aux impressions nouvelles
et les petits ruisseaux de rabaté, chez futuropolis
 


© France Inter 2010 Imprimer la page| Envoyer cette page