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Les Séeberger, photographes de l'élégance, BN
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Vous remontez jusqu'au début du 20è siècle, avec ces 500 photos en noir et blanc d'un monde que nous connaissions surtout par le talent de Lartigue. Jules, Louis et Henri Séeberger vivent de leur photo de mode, ils sont reporters mondains pour les journaux. Reçus comme des rois dans les champs de courses, les casinos, arpentant les plages de la côte d'Azur, là où belles dames, jolis messieurs incarnent la mode, indémodable. Les couturiers disent toujours aujourd'hui que les décénnies optimistes, les années 20 et les années 60 restent une source féconde, pour eux, et c'est vrai. La modernité se lit dans les coupes des robes ou des pantalons, photographiés par ces 3 frères reporters mondains. Entre 1909 et 1939, la robe est écourtée aux genoux et le pantalon apparaît, les femmes le doivent au couturier Paul Poiret, largement cité comme Jean Patou dont on découvre la beauté de l'appartement parisien et la villa dans le Sud avec piscine. Les photographes choisissent des décors naturels, pas de studio, ils ne quittent pas les lieux de la mode. Lieux de villégiature où se pressent les élégantes, indémodable beauté de Madame Yola Letellier, épouse du maire de deauville, portant fourrure et petit capeau Marthe Collot d'Auteuil, en 1928. L'exposition procure du rêve. Le rose sur certains murs évoque des petits boudoirs. Des questions fusent. Qui étaient ces gens? Que cachent leurs sourires? Qu'est devenu cet ami si distingué d'une star oubliée? Qui sont ces élégantes à qui des couturiers prêtent des vêtements car ils se doutent qu'elles seront photographiées? Et combien de scandaleuses s'incrustent sur ces lieux où il faut être vu? Une beauté passe ses vacances à Saint Morritz, un play boy autrichien pose en costume et la légende signale qu'il meurt peu après dans un accident de yacht. Les princes et comtesses envahissent le Sud de la France. Le chaos gagne l'Europe et pourtant Tino Rossi sourit, en costume blanc, quelque part à Deauville. Ah, ces femmes heureuses de fumer enfin ou de se maquiller en public, geste révolutionnaire! La plus libérée n'étant pas la plus belle, loin de là, physique homasse mais corps long et robuste qui se prête à toutes les modes, c'est Suzy Sulidor, star de la chanson réaliste qui se laisse volontiers photographier (extrait Suzy Solidor "Ouvre")
Les Séeberger, photographes de l'élégance, 1909-1939, BNF, rue de Richelieu , 27 juin - 3 septembre, mardi-samedi 10h 19h dimanche 12h 19h
fermé lundi et jours fériés, entrée 7 et 5 euros |
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