Savoir lire sur un visage de personne âgée, d’un malade ou d’un handicapé, ce n’est pas toujours facile mais c’est pourtant primordial pour être sûr qu’ils sont satisfaits des soins qu’on leur prodigue.
On voit mal faire remplir à un enfant autiste ou à une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer un petit questionnaire type QCM, questionnaire à choix multiple du genre : « Etes vous très, peu, beaucoup ou pas du tout satisfait de la nourriture, du lit, des animations, de l’accueil, des soins… ». Pour le savoir, il faut donc inventer autre chose, examiner les réactions du corps et surtout, celles du visage. C’est le combat que s’est donné la Croix Rouge dans tous les domaines où elle intervient pour être sûre de toujours adopter une conduite de bien-traitance, étant entendu qu’il n’y a pas de solution toute faite et que ce qui convient aujourd’hui pour les personnes ainsi accompagnées ne sera pas forcément ce qui leur conviendra demain.
Lorsqu’une jeune femme, de la maison de retraite, dit à Madame Sanchez : je viens vous laver et après, on va manger, son visage se ferme, se tord, elle ferme les yeux. Si on la regarde à ce moment précis, on comprend qu’elle n’a plus envie de se nourrir.
Et en effet, Mohamed Madar, son aide médico-psychologique explique : «C’est là que le sanitaire et le social ne s’entendent plus. Le social dit : il faut l’écouter, ne pas la forcer. Le sanitaire : il faut la faire manger à tout prix. Moi, je vais la voir pendant le repas pour qu’elle soit détendue et lui parler de tout et de rien. Surtout de musique, en fait. Surtout pas de nourriture, et ça se passe bien ».
Car le sujet, c’est bien d’apporter une qualité de vie qui soit la meilleure possible.
- Mais être attentif à l’expression de l’autre, cela s’apprend. Ce n’est pas forcément inné d’arriver à prendre en compte ce que toutes ces personnes en grande difficulté veulent ou ne veulent pas.
« Si un enfant autiste se balance, rien ne sert de l’attacher à une chaise. On ne réussira qu’à augmenter ses troubles de comportement » explique Alice Casagrande, déléguée générale à la promotion de la bien-traitance à la Croix Rouge. « Mais, dans le même temps, il faut, s’il se mord, l’en empêcher pour ne pas qu’il se mette en danger. Il faut donc lui apprendre à communiquer »… « On va donc , dit-elle encore, utiliser des images ou des pictogrammes pour cela. Le plus simplement possible. Lui apprendre par exemple qu’un pictogramme avec un verre d’eau, il peut s’en servir pour dire qu’il a soif ».
Ce qui vaut pour un malade ou une personne âgée vaudra aussi pour quelqu’un qui se trouve dans un état précaire -qui ne parle pas français par exemple, et qui arrive apeurée dans un centre d’hébergement. Bref : faites passer le message : il faut savoir regarder les visages de la vulnérabilité.
Dans sa nouvelle chronique, Atmosphère, Isabelle Monrozier veut aborder tout ce qui fait les joies et les peines de la vie quoditienne.
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