par Ivan Levaï
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dimanche 11 septembre 2011

Le Kiosque d'Ivan Levaï

Bonjour à tous… L’évangile selon Saint-Luc nous avait prévenu.

« Il y aura des signes sous le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.

Alors on verra le fils de l’homme, venir dans la nuée, avec une grande puissance et grande gloire ».

Bonne nouvelle d’un côté : le Christ revient. Mauvaise nouvelle de l’autre… Son retour sera précédé par l’Apocalypse.

D’où, ce qu’il faut bien appeler notre goût paradoxal pour les catastrophes, les mauvaises nouvelles et leur commémoration.

Ce que Régis Debray appelle « le prophétisme » dans un ouvrage paru chez Gallimard, au printemps dernier et intitulé « Du bon visage des catastrophes ».

Si vous êtes un peu fatigués en ce dimanche 11 septembre 2011, arrêté depuis plusieurs jours par les médias, à 8 h 46, heure de New-York du 11 septembre 2001.

Procurez-vous, ce petit libre antidote, du médiologue, membre de l’académie Goncourt.

Il vous réconciliera avec la presse et vous donnera le goût de survivre, avec la crise, le terrorisme et tous les malheurs passés, présents et à venir de la planète.

Dans le mode d’emploi de ses 100 pages euphorisantes, Régis Debray répond en effet à des questions essentielles :

- Comment vivre et penser dans nos sociétés du risque ?

- Comment conjurer le tragique de l’existence ?

- Comment au milieu des décombres, surmonter tristesse, fatalisme et désespoir. Questions immémoriales plus que jamais d’actualité.

L’Extrême-Orient répond avec le bouddhisme et nous avec la catastrophe, message symbolique d’initiation à l’Apocalypse d’inspiration judéo-chrétienne.

Au passage, Régis Debray relève qu’en 2010, l’année dernière, le total des catastrophes pour causes naturelles a fait 295.000 morts… En 1755, le 1er novembre, le tremblement de Lisbonne, 60.000 morts. Voltaire et Rousseau mirent un an, avant de prendre la plume pour l’évoquer…

Nous la chute des Tours, du World Trade Center, nous l’avons vue, en quasi-direct un peu avant quinze heures, à la télévision. Plus tard, nous en connaîtrons le bilan, 2.985 morts.

D’où les cérémonies d’aujourd’hui, aux Etats-Unis, avec les Présidents Obama et Bush… et les titres répétés des quotidiens ce matin…

- 11 septembre de triste mémoire, s’afflige l’EST REPUBLICAIN.

- La tragédie a dix ans, ses 3.000 morts sont inscrits à jamais dans la mémoire collective, souligne de son côté, la VOIX du NORD.

- NICE MATIN, n’est pas en reste, avec ce titre distancié.. « Dix ans déjà ! » et un dossier de huit pages consacré à l’événement.

COURRIER INTERNATIONAL, préfère s’interroger : commémorer les attentats ? Alors que l’Islam et l’Occident marchent vers la réconciliation (ce que dément régionalement le sac de l’ambassade d’Israël au Caire).

Le FIGARO Magazine, offre à ses lecteurs, une page de couverture optimiste sur New-York, dix ans après… la ville qui ne s’arrête jamais… et un guide de New-York city pour les touristes.

Mais Alexis Brézet, dans son éditorial, est moins gai… Il l’a titré : World Dette Center et il file la métaphore, en écrivant : « Les tours jumelles de la dépense et du déficit, nous tombent sur la tête et nous finassons… »

L’hebdomadaire protestant REFORME et l’hebdomadaire catholique LA VIE, se situent sur une même ligne… Après le 11 septembre 2001, la donne a changé… L’Islam n’est pas l’islamisme, il y a un monde nouveau à construire… à reconstruire, par le dialogue…

Et les deux hebdos, travaillent sur la même idée… « Les révolutions sont une réponse civilisée ». Bref, il ne faut pas avoir peur.

Le MONDE Magazine préfère en débattre, avec un grand journaliste américain né à Bombay.

Fareed Zakaria… Selon lui, l’Amérique accueille bien les immigrés, mais subit une angoisse culturelle, qui pourrait disparaître en 2023…

Pourquoi 2023 ? Parce que cette date, la majorité des enfants américains sera de couleur.

L’autre voix… c’est celle de Francis Fukuyama, interrogé par Olivier Guez, pour le MONDE Magazine.

On connaît le professeur Fukuyama et sa théorie sur la fin de l’Histoire.

Le politologue ne dément pas sa thèse qui lui a valu une belle notoriété… IL constate qu’après le 11 septembre, l’Amérique a perdu de sa superbe. Néanmoins, la peur du terrorisme a cédé la place pour les Américains, a des préoccupations plus terre à terre.

A part ça… le professeur Fukuyama n’aime guère le Président Obama… « Trop intellectuel, selon lui, trop froid ». Il préfère ses deux prédécesseurs…

- Chacun des goûts !

J’en viens, à quelques surprises, de la presse dominicale… Terre à terre, comme vous allez voir, et pas intellectuelles pour deux sous.

La NOUVELLE REPUBLIQUE Dimanche et le PARISIEN Dimanche ont eu la même idée… Interroger les lecteurs, avec cette question à cent dollars.

Et vous, le 11 septembre 2001, où étiez-vous, que faisiez-vous.

Cela donne des réponses, à la Pierre Dac… « D’où vient l’homme, où va l’homme… Je viens de chez moi et j’y retourne ».

Florilège… Dominique de Villepin… « J’étais dans mon bureau, de secrétaire général de l’Elysée… une chaîne d’infos y était allumée… J’ai averti le président de la République qui était à Rennes ».

Jean-Marie Messier… Je présidais Vivendi, à New-York…

Joachim Noah… j’avais 15 ans…

David Pujadas… Je rentrais de déjeuner. Je suis resté huit heures d’affilée à l’antenne. J’étais présentateur du 20 heures de France 2, depuis six jours.

Quelques nouvelles de la même eau…

Dans le JOURNAL du DIMANCHE… Il paraît que ça ne va pas fort entre Martine Aubry et le NOUVEL OBSERVATEUR… Elle le boycotte, mais le boycott pourrait cesser mercredi… Trois jours à attendre.

Juste au-dessus, je lis… Rachida Dati, et plusieurs passagers d’Air France, de retour de Marseille, n’en sont pas revenus. C’était dimanche dernier, la plupart des ministres revenaient du Campus de l’UMP. Et un homme a tranquillement pris place, incognito, près d’un hublot, au rang 11, sans demander à être placé, au 1er rang de l’appareil…

Devinez qui ? Claude Guéant…

Je suis injuste. Il y a plus sanglant dans le JOURNAL du DIMANCHE… Il y a une grosse affaire, un gros scandale, déniché dans le livre de Pierre Péan : « La République des mallettes ».

Alexandre Djouhri, un homme de l’ombre, qui accuse tout le monde et déclare : « J’ai vu Chirac et Villepin, compter les billets… »

Interrogé, Villepin réplique : « Fariboles ! ». Ne me gâchez pas mes après-midis…

Je ne veux pas gâcher votre dimanche. Mais je vous préviens, un événement se profile… dans onze jours… le 22 septembre ! Brassens l’a chanté :

« Un vingt-deux de septembre au diable vous partites,

Et, depuis, chaque année, à la date susdite,

Je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous…

Or, nous y revoilà, mais je reste de pierre,

Plus une seule larme à me mettre aux paupières :

Le vingt-deux de septembre, aujourd’hui, je m’en fous ».


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