Reconstruction

Entre attente et désespoir
Aujourd'hui près de huit mois après le tsunami, la municipalité d'Hikkaduwa dénombre encore 790 maisons temporaires dans la zone des 100 mètres au bord de l'océan. Beaucoup sont inoccupées, leurs habitants terrorisés par la proximité de la mer ont préféré s'installer ailleurs. Malgré tout, les environs de l'ancienne station balnéaire font aujourd'hui davantage penser à un bidonville qu'à un haut lieu du tourisme Sri Lankais. Pourtant le gouvernement a trouvé 1500 parcelles distribuées aux ONG, pour que les familles qui ne peuvent plus reconstruire dans la zone des 100 mètres s'installent ailleurs. Certains comme Sanath attendent donc la fin des travaux. D'autres comme Arindrni n'ont aucune perspective. Pour les ONG le problème du foncier est épineux. Les responsables humanitaires doivent parfois travailler sur des terrains cédés par l'Etat inconstructibles ou déjà occupés !
Fatalisme
écouterArindrni et son vieux voisin habitaient dans la zone des 100 mètres. Aujourd'hui ils sont encore dans des maisons de bois car ils n'ont pas d'argent pour racheter un terrain...
Problème épineux
écouterJosef Riener de l'ONG Samariterbund, reconnaît que la situation des anciens habitants de la zone des 100 mètres est difficile à gérer...
Dans l'attente
écouterSanath et sa famille devront attendre encore un an dans leur habitation temporaire en bois et tôle, avant d'intégrer leur nouvelle maison en dur...
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L'insalubrité au coeur de la ville
Depuis le tsunami, cette école désaffectée abrite des rescapés. Elle est située au coeur d'Hikkaduwa, à 500 mètres des hôtels bordant la plage. Les rares touristes qui font leurs achats dans les boutiques le long de la route principale sont loin d'imaginer les conditions matérielles précaires dans lesquelles vivent les habitants. Pas d'eau courante, pas de toilettes, ce matin là des hommes plantent des pieux de bois dans le sol. Ce sont les parois de futures latrines. A Hikkaduwa, beaucoup dépendent encore du remplissage des citernes d'eau potable livrées par les ONG. Les détritus s'entassent hors de la vue, en attendant un hypothétique ramassage...
La déprime s'installe
écouterPour cette femme et ses enfants, vivre dans ce quartier du centre d'Hikkaduwa c'est repenser chaque jour au tsunami et en subir les conséquences...
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Plus d'aide du gouvernement
Aujourd'hui les sinistrés constatent sobrement qu'ils n'ont plus d'aide du gouvernement. Neil Rajan, responsable du projet de reconstruction de l'association Encontro Fra i Populi est plus critique : "Le gouvernement nous avait promis 4 000 roupies par mois pendant six mois. On a touché cette somme que deux mois. Aujourd'hui il veut tout arrêter car il dit qu'avec l'aide des associations on n'a plus besoin de cet argent". Effectivement la plupart des familles sinistrées ont touché en moyenne 10 000 roupies après la catastrophe. A Wellawatte, où 70 maisons ont été rasées, Neil avoue tout de même que beaucoup de familles ont reçu 50 000 roupies pour reconstruire ou réparer leurs habitations. Le gouvernement était également sensé donner 250 000 roupies aux anciens habitants de la zone des 100 mètres. S'il est difficile d'évaluer le montant global de l'aide de l'Etat, une chose est sûre : les donateurs internationaux ont promis en juin quelque 3 milliards de dollars aux victimes du tsunami au Sri Lanka. A la condition que le gouvernement trouve un accord avec la rébellion tamoule. Ce qui ne semble pas d'actualité après l'assassinat du ministre des Affaires étrangères dans un attentat le 13 août...
Impuissance
écouterBandusiri vit avec femme, enfants et parents dans sa nouvelle maison à Seenigama. Mais la gaieté n'est pas revenue car leur situation financière est critique...
Banqueroute ?
écouterPour Josef Riener de l'ONG Samariterbund, le gouvernement a puisé dans ses réserves à la suite du tsunami. Et son système fiscal ne peut l'aider à remédier à la crise...
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Les fantômes du train
Somawhadi habite à quelques pas du train emporté par la vague le 26 décembre. En souvenir, les wagons ont été remis sur leurs rails. Somawhadi n'a pas eu d'autre choix que de faire reconstruire sa nouvelle maison à l'emplacement de la précédente. Mais comment vivre normalement quand on a perdu sa fille, deux petites-filles et que l'on a sur le pas de sa porte ce qui a été le cercueil de plus de 1 000 personnes ? Certes, elle est contente d'avoir depuis un mois un toit en dur au dessus de sa tête. Mais elle voit aussi que son fils, autrefois électricien, ne travaille plus que quelques jours par mois. Il a perdu ses outils avec les flots, n'a pas les moyens d'en racheter aujourd'hui. Il fait partie de tous ces jeunes qui cumulent les "temporary jobs", petits boulots qui vont de pair avec les "temporary houses", maisons temporaires d'hier...
Trop près
écouterSomawadhi a perdu sa fille et deux petites-filles dans le tsunami. Elle a aménagé il y a un mois dans sa nouvelles maison, exactement au même endroit que la précédente...
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Du travail pour plusieurs mois
Roberto Nichele est le représentant à Hikkaduwa de l'association Encontro Fra i Populi, qui mène un projet de reconstruction dans le village de Wellawatte où 70 maisons ont été rasées. Son objectif : avoir terminé 60 nouvelles habitations pour le mois de décembre. Les travaux avancent à un bon rythme, même si aujourd'hui, il lui manque environ 50 000 euros pour boucler son projet. En effet, plus la reconstruction avance, plus le coût des matériaux augmente. S'il fallait 3 000 euros pour reconstruire une maison il y a huit mois, aujourd'hui Roberto doit en dépenser 4 000 à 4 500. Mais rien n'entame le moral de ces ouvriers humanitaires. D'autant qu'il vient d'accueillir un petit groupe de compatriotes italiens, venus passer quelques jours pour lui donner un coup de main...
Un bon bilan
écouterRoberto Nichele de l'organisation Encontro Fra i Populi, est satisfait du travail mené depuis le lendemain du tsunami...
Maison à agrandir
écouterNeil Rajan est coordinateur de travaux pour le projet Encontro fra i Populi. Il souligne que dans l'avenir ces maisons pourront être agrandies...
Système d
écouterDans la reconstruction, le coût des matériaux est un enjeu de taille, et contourner les règles peut permettre de faire des économies, comme l'explique Neil Rajan...
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Le respect des traditions
Pour l'ONG autrichienne Samariterbund, la reconstruction est basée sur une organisation parfaite et le respect de certaines règles. Avant toute chose, le travail de Josef Riener et de ses collègues a été de clarifier les situations des habitants. Qui est propriétaire ? De quel terrain ? A quel endroit exact ? Autant de questions épineuses dans un pays où les registres municipaux sont sommaires, le cadastre inexistant, et les traditions d'héritage complexes. A Pabakassa, où l'ONG reconstruit une vingtaine d'habitations, c'est le temple du village qui a donné une partie de ses terres pour que des familles sinistrées retrouvent chacune un terrain. Les anciennes constructions d'argile sont remplacées par des maisons standardisées mais construites dans le respect des coutumes et habitudes locales...
Des maisons type
écouterPour Josef Riener, responsable de Samariterbund, les nouvelles constructions doivent correspondre à des standards de construction...
Cérémonies
écouterLa reconstruction se fait également dans le respect des traditions religieuses, comme l'explique Josef Riener...
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Aide

Patience et longueur de temps
Tous ceux qui travaillent encore aujourd'hui à rebâtir le Sri Lanka soulignent combien c'est un travail de longue haleine, nécessitant patience et persévérance. Josef Riener de l'ONG autrichienne Samariterbund n'est pas tendre avec l'administration locale. Mais il reconnaît qu'aucun pays ne peut être prêt à affronter pareille catastrophe, et qu'il faut nécessairement du temps, beaucoup de temps pour que les choses avancent. De même François Souman, bénévole pour l'association française Green Hope, tient à rappeler qu'apporter de l'aide est une bonne chose, mais que les étrangers ne sont pas là pour réformer le pays.
La patience avant tout
écouterFrançois Souman de Green Hope se souvient des difficultés rencontrées pour récupérer un container rempli de filets de pêche, don de pêcheurs français...
copyright: Green Hope

Jumelage Savoie-Sri Lanka
Nicole Demay est venue à Hikkaduwa avec son équipe dans le cadre du jumelage mis en place entre le collège des Bauges au Châtelard en Savoie, et le collège de Seenigama. Professeurs d'anglais, de musique, infirmière scolaire, animateurs, l'équipe a partagé un mois durant la vie d'élèves et de professeurs sri lankais. L'occasion d'apprendre à se connaître, d'échanger savoirs et coutumes, chansons, rires et numéros de cirque. Des rencontres fructueuses qui devraient se pérenniser dans les mois à venir avec des échanges de mails entre professeurs sri lankais et français, et peut-être un nouveau voyage en février...
Jumelage
écouterNicole Demay est la principale du collège des Bauges. Elle explique pourquoi et comment s'est mis en place le jumelage avec le collège de Seenigama...
Cours d'informatique
écouterUne ONG britannique avait donné des ordinateurs, mais sans les installer et sans mode d'emploi. Petite initiation à la réalisation d'un tableau de notes en anglais, avec Nicole et un professeur du collège...
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Coopérative de femmes
Craie en main, Christelle a tracé sur les murs de béton le dessin des futures prises électriques. Le chantier de ce qui sera la coopérative de femmes Green Hope avance vite. En partenariat avec l'association française, Christelle et Caroline, deux parisiennes sont à la tête de ce projet de commerce équitable qui prévoit d'employer des femmes sri lankaises pour la confection d'accessoires de mode. La première production est prête : coussins, petits sacs, étoles, bracelets et coliers, le stock grossit de jour en jour. Prochaine étape, la présentation de ces produits au salon Ethical and Fashion Show à Paris en octobre...
Le chic sri lankais
écouterCaroline et Christelle lancent une coopérative de femmes. Elles expliquent leurs motivations et comment le projet prend peu à peu forme...
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Sortir de la maison
Pour ces cinq sri lankaises, travailler pour cette coopérative est une opportunité. En effet, les femmes ont peu d'occasions, en dehors de l'usine, de trouver des emplois correctement rémunérés. Elles travaillent donc en général chez elles où elles ont toutes des machines à coudre. Mais elles vendent leur production à bas prix. Et la coopérative c'est aussi l'occasion de sortir de sa maison, de travailler en compagnie d'autres ouvrières dans la bonne humeur...
Un bon salaire
écouterPour Padmini, couturière dans la future coopérative, ce travail est une opportunité...
Ambiance studieuse
écouterDans la petite pièce qui sert provisoirement d'atelier, l'ambiance est affairée mais gaie...
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Enfants

Festival à Seenigama
Seenigama est un petit village à l'entrée d'Hikkaduwa. Les stigmates du tsunami sont encore largement présents. Des maisons temporaires en bois, des dalles de béton, des tas de gravas et des troncs de cocotiers déracinés constituent le paysage actuel. Mais ce soir là, Seenigama est animé par les rires des enfants. Adid a prêté ce qui lui reste, les ruines de sa maison, pour que le spectacle puisse avoir lieu. La nuit tombe doucement, on allume des guirlandes multicolores et des lampions remplis d'huile de coco. L'océan est proche. On ne le voit plus depuis la construction d'un remblai le long de la plage. Mais en période de mousson, l'air est chargé d'embruns et des esprits des disparus. Cette soirée est aussi pour eux, pour leur rendre hommage…
Bon pour le moral
écouterIshan a 16 ans. Ce soir là il est venu tôt de son village jusqu'à ce quartier de Seenigama pour voir marionnettes, cirque et danse traditionnelle...
Le deuil et les rires
écouterAdid a prêté ce qui reste de sa maison, une dalle de béton, pour faire la scène, et sa maison temporaire en bois pour que les artistes se préparent...
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Festival à Seenigama
Numéros de cirque, marionnettes, danse traditionnelle sri lankaise, l'association Green Hope a voulu mêler tradition et découverte pour ce festival. Ce soir c'est la dernière représentation, et l'émotion est palpable. Nicole remplit son sac des coquillages récoltés par les enfants entre les ruines. Sophie a les yeux embués de larmes lorsqu'elle reçoit une carte d'anniversaire confectionnée par un écolier. Les enfants ont sorti leurs uniformes. Ils sont sagement assis sur le sable et picorent des pois chiches pimentés dans des cornets de papier. La nuit tombée, le spectacle peut commencer. D'abord dans un silence éberlué, puis aux premières pitreries des marionnettes, les rires fusent. Signe que pour les enfants de Seenigama, la joie est là et il y a de l'espoir pour l'avenir...
Un public inespéré
écouterPour Jean-Christophe qui a mené ce projet de festival pour l'association Green Hope, ce dernier soir est un succès : malgré la proximité de l'océan les gens sont venus...
copyright: Caroline Caldier/ RF

Au collège de Seenigama
Ici les classes sont abritées par un toit mais ouvertes aux quatre vents, séparées les unes des autres par des cloisons de bois. Les écoliers sont tirés à quatre épingles, chemises blanches et shorts bleus pour les garçons, robes immaculées pour les filles. C'est les vacances et pourtant on fait classe : les professeurs absents pendant l'année scolaire rattrapent leurs cours. Et les élèves sont là, manifestant leur peu d'enthousiasme à retourner au collège par de joyeux charivaris. Au Sri Lanka les établissements scolaires sont classés par niveaux. Ici il est faible. Difficile de communiquer avec ces écoliers qui parlent à peine quelques mots d'anglais teintés d'un accent qui rend la compréhension quasi impossible. Mais les éclats de rires en disent long sur la vivacité des ces élèves du mois d'août...
Rattrapage
écouterNicole Demay a lancé un jumelage entre son collège de Savoie et celui de Seenigama. Elle est encore étonnée de voir les enfants travailler durant leurs vacances...
Cours de sciences
écouterCe matin là on étudie la théorie d'Archimède, et les élèves sont priés de participer...
copyright: Caroline Caldier/ Radio France

Entraînement à Pabakassa
Pabakassa a un air de bout du monde. On accède à ce village situé à un kilomètre dans l'intérieur des terres, après avoir slalomé entre les nids de poules sur une piste de terre rouge. C'est avec cette même terre, l'argile, que les habitants construisent leurs maisons, entre les cocotiers et les rizières. La pauvreté saute aux yeux. Le revenu moyen de chaque foyer est de 6 000 roupies par mois. Peu d'organisations humanitaires ont poussé leurs actions aussi loin dans les terres. Pourtant ici aussi l'eau est sortie du sol poreux, et a noyé les maisons de torchis sous six mètres d'eau salée. Aujourd'hui les enfants jouent au cricket comme si de rien n'était, et l'on est loin de soupçonner combien leur vie a changé depuis le tsunami...
Cricket et compagnie
écouterFilles ou garçon, le cricket est plus populaire que le football. Ambiance...
copyright: Caroline Caldier/ RF
Pêche

Mauvaise saison
Sur le port d'Hikkaduwa, ils seraient environ 1 500 pêcheurs à retravailler aujourd'hui, contre 2 000 avant la catastrophe. A Dodanduwa, le port des catamarans, 200 bateaux sont désormais opérationnels. Mais la saison de la mousson n'est pas la meilleure période de l'année pour les pêcheurs. La mer est mauvaise, agitée de tourbillons que les filets n'apprécient pas. Et l'entrée du port est souvent ensablée. Ce sont surtout les grosses embarcations qui bravent la houle. Et les rares petits bateaux rentrent avec de faibles prises. Ce jour là, la plus belle est de 500 kilos, une autre atteint péniblement les 75 kilos. Les prix sont élevés. Le kilo de thon rouge est vendu 140 à 150 roupies. Les marchands venus acheter une caisse de poisson pour le revendre dans les villages dans l'intérieur des terres repartent à vide...
La pêche reprend
écouterL'activité reprend doucement mais comme l'explique Sidantha qui pêche avec cinq autres hommes, la saison de la mousson est mauvaise...
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Envie de voir changer les choses
Sur la recette d'une sortie en mer, la moitié paie le carburant et la nourriture des pêcheurs. Un quart revient au propriétaire du bateau. Les pêcheurs se partagent le reste de l'argent. Pour vivre décemment, mieux vaut donc avoir les moyens de se payer une embarcation. C'est le cas de Marvin. Il reconnaît que la situation s'améliore plus vite pour ceux qui avaient déjà un bateau que pour les autres. Malgré l'heure matinale, l'ambiance sur le marché est animée et plutôt gaie. Le vent fait claquer les drapeaux. Les grossistes pèsent la marchandise et leurs cris annonçant les prix retentissent sur le quai. Et Marvin se prend à rêver d'un bateau plus gros avec lequel il pourrait braver la mousson...
Un avenir meilleur
écouterOpul rentre de deux jours de pêche avec seulement 75 kilos de poisson. La mer lui rappelle encore beaucoup de mauvais souvenirs mais il croit en l'avenir...
Rêve de pêcheur
écouterMarvin est propriétaire de son bateau et pêche avec deux autres pêcheurs. Son rêve : avoir un bateau plus gros pour affronter les vagues...
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La menace de la misère
Au bout du quai, passée la cohue autour des caisses de thon, quatre pêcheurs rangent un filet. En silence, recueillis, la fatigue et la lassitude se ressentent dans la lenteur de leurs gestes. Sanath est parmi eux. Il a perdu son bateau et n'a pas pu pêcher pendant cinq mois. Aujourd'hui il a repris la mer, mais après cette sortie, ses collègues et lui n'ont pas ramené assez de poisson pour gagner de l'argent. En moyenne le travail de pêcheur ne lui rapporte que 1 200 roupies par mois. Alors, comme il est le seul en âge de travailler pour nourrir sa famille, en plus de la pêche, il cumule les petits boulots...
Famille à charge
écouterSanath est pêcheur et fait aussi des petits boulots, car il est la seule source de revenu pour sa famille...
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La nécessaire solidarité
Avant le tsunami Sumanthi avait un bateau à fond de verre avec lequel il faisait découvrir la beauté du lagon aux touristes. Il avait également un bateau de pêche. Le premier n'existe plus. Le second est encore en réparation. Une ONG lui a donné un nouveau bateau. Il attend dans la cour de la maison de son fils, que la mer se calme. Car Sumanthi est devenu prudent. Il ne partira pêcher qu'à la fin du mois, quand la forte houle sera passée. En attendant, Sumanthi bricole. Il habite la maison de son fils qui vit en Allemagne. La sienne est encore en réparation et il faut partir à la recherche de nouveaux financements. Si toute sa famille est saine et sauve, Sumanthi tient pourtant à souligner que la vague lui a pris tout ce qu'il avait mis des années à construire. Et désormais la vie ne sera plus jamais comme avant...
L'attente
écouterSumanthi n'a que des petits bateaux et la mer est trop mauvaise pour qu'il puisse sortir pêcher. Alors il termine ses réparations et attend l'accalmie...
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Tourisme

Avec l'argent, tout va
La station balnéaire d'Hikkaduwa s'étend sur 4 kilomètres, traversée par la route qui descend de Colombo. Elle compte une centaine d'hôtels, guest houses et restaurants. Le tsunami a simplifié la donne : les riches sont plus riches, les pauvres plus pauvres. Les établissements membres d'une chaîne hôtelière n'ont pas eu de mal à trouver des moyens de financer leur réparation ou reconstruction. De même ceux qui avaient pignon sur rue, ont su convaincre les banquiers. Pour les petits propriétaires de guest houses ou les marchandes de vêtements faits main qui bordent la route, la situation est toute autre. Porte close pour les uns, obligation de vendre des vêtements à bas prix sur la plage pour les autres. C'est l'effet tsunami...
Pas de problème
écouterNishranda Fernando est adjoint au directeur du Reef Hotel à Hikkaduwa. Son explication est claire : quand on appartient à une grosse chaîne hôtelière, il n'y a aucun problème...
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Travaux en cours
Certains hôtels sont encore en plein travaux. Pour le Blue Corals le programme est chargé : jardin, restaurant, rez-de-chaussée, tout doit être refait à neuf. Quid de la loi des 100 mètres sensée interdire toute reconstruction dans cette zone ? Le maître d'oeuvre rigole franchement, puis s'énerve : "le gouvernement ne fait que brasser du vent, et puis de toute façon on ne construit pas, on répare". Imparable...
Ouverture en novembre
écouterSudath surveille attentivement l'avancée des travaux de l'hôtel Blue Corals. Car les touristes ont déjà réservé pour le mois de novembre...
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A la recherche de financements
Dans ce petit hôtel, tout a été remis à neuf. Et son patron a tout prévu pour que les choses avancent. Tout d'abord il vend des vêtements estampillés "Rebuild Sri Lanka", "reconstruire Sri Lanka", dont une partie des bénéfices est reversée aux familles démunies. Quant à son établissement, il a construit des chambres à l'étage pour que les touristes se sentent plus en sécurité...
Améliorations
écouterKudya est le propriétaire du Hikkaduwa Beach Hotel. Il souligne que pour lui, la reconstruction ne va pas sans recherche d'innovations pour garantir l'avenir...
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Besoin de publicité
De la terrasse du restaurant Refresh, les touristes ont vue sur la mer déchaînée et sur ce pêcheur typiquement Sri Lankais. Tous les jours il vient pêcher en costume traditionnel et prend la pose pour les photographes amateurs, sa maigre prise au bout du bras. Le patron du restaurant voudrait qu'on véhicule davantage cette image souriante à l'étranger. Il faut donner envie aux touristes de revenir, tel est le leïtmotiv des hôteliers. Mais comment cacher qu'en dehors de ce petit papy original, dans le meilleur des cas la plage est déserte, ou ce sont des femmes qui ont tout perdu dans la vague qui vous proposent des vêtements à 500 roupies ? Un commerçant hésitant entre sérieux et cynisme conclut : "de toute façon, des réservations sont déjà prises pour la commémoration du tsunami en décembre prochain"...
Impatience
écouterLe patron du Refresh a vite repris son activité mais ne semble plus se satisfaire d'une clientèle pour beaucoup constituée de membres d'organisations humanitaires...
Cynique
écouterChithral est le propriétaire d'une agence de voyage à Hikkaduwa. Il compte sur les commémorations du tsunami pour voir à nouveau des touristes...
Tuk tuk
écouterSanath est chauffeur de tuk tuk, le taxi local. Aujourd'hui c'est son unique moyen de subsistance, or les touristes sont rares en cette période...
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De l'humanitaire aux vacances
Même si on est en basse saison, quelques touristes séjournent en ce mois d'août dans les hôtels et guest houses d'Hikkaduwa. Il s'agit pour beaucoup de bénévoles ou personnels humanitaires venus donner un coup de main sur leurs congés. Il y a encore tant à faire. D'autres sont venus en vacances pour quelques jours, comme Linda et Damian un couple d'Irlandais. Ils ne peuvent que constater impuissants qu'encore beaucoup d'habitants souffrent. Mais ils reconnaissent que le tourisme peut être un moyen de relancer une économie moribonde...
Tourisme humanitaire
écouterJacques Roudaut est venu avec sa femme et son fils conjuguer aide et tourisme. Il explique les tenants et aboutissants de sa démarche...
L'atout touristique
écouterLinda et Damian Ryan sont venus passer quelques jours à Hikkaduwa avant de rejoindre l'Irlande. Pour Linda, le Sri Lanka a besoin des touristes pour se reconstruire...
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Déclics

Mousson à Dodanduwa
Le port des catamarans à Dodanduwa. Au mois d'août, ces embarcations de pêche traditionnelles sortent peu en mer. Ciel chargé, vent violent, courants et forte houle : la mousson prendra fin début septembre.
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Bibliothèque à Seenigama
Au dessus de la tête de ces petits lecteurs attentifs, la trace encore présente du niveau d'innondation. Par un effet de vases communicants, dans cette zone l'eau est arrivée à la fois de la mer, et des rizières dans l'intérieur des terres.
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Festival à Seenigama
En attendant l'arrivée des marionnettes, acrobates, danseurs et jongleurs, les enfants s'amusent sur la scène. Avant le passage de la vague, cette dalle de béton entourée de lampions remplis d'huile de coco, était le sol d'une maison.
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Misère au centre ville
Même au coeur d'Hikkaduwa, des quartiers sont encore entièrement rebâtis de manière provisoire. Pas d'eau, ni d'électricité, ces familles vivent dans des conditions insalubres.
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Sur le port d'Hikkaduwa
Aligné avec l'horizon, un chalutier déposé sur la digue par la puissance du tsunami. Pour les pêcheurs, chaque sortie en mer rappelle les angoisses passées et présentes.
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